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Madoff en prison:post

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En août 2009, peu après son arrivée à la prison fédérale de Butner en Caroline du Nord, Bernard L. Madoff faisait la queue pour recevoir ses médicaments contre l’hypertension, lorsqu’il entendit un de ses codétenus l’appeler par son nom. Madoff, alors âgé de soixante et onze ans, auteur de la chaîne de Ponzi la plus dévastatrice de l’histoire, était habillé comme tous les autres prisonniers. Il portait l’un de ses trois costumes standardisés couleur kaki avec son nom et son matricule collés sur la poche de sa chemise. L’heure de la promenade (le moment le plus agréable de la journée d’un prisonnier) touchait à sa fin et Madoff, qui aime se ballader le long de l’allée accompagné parfois de l’ancien parrain Carmine Persico ou de l’espion Jonathan Pollard, s’était précipité vers l’infirmerie. Il avait dépassé les cellules d’isolement (“le trou”), était passé par le gymnase et sous la clôture de quatre mètres de haut, et avait pris la direction de Maryland, le bâtiment dans lequel les pédophiles sont relégués après avoir purgé leur peine. Une centaine de prisonniers se tenaient là à attendre une infirmière, certains en plein soleil.

Cantinage:post

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Le 2 janvier 2007, à la suite d’une querelle sur l’hygiène dans la cellule : obéissant “à une pulsion d’agressivité”, Nicolas Cocaign, alors âgé de trente-cinq ans, frappa à coups de poing et de pied, ainsi qu’avec une lame de ciseaux, Thierry Baudry, quarante et un ans, avant de l’achever en l’étouffant avec des sacs-poubelle. Puis, Nicolas Cocaign prépara son repas du soir avec l’intention de manger le cœur de sa victime. À l’aide d’une lame de rasoir, il découpa minutieusement le thorax de Thierry Baudry, enleva une côte et retira un organe qui s’est avéré par la suite être un morceau de poumon et non de cœur. Il en mangea une partie crue puis cuisina le reste avec des oignons sur un réchaud de fortune. “Je voulais prendre son âme”, déclara-t-il plus tard au juge d’instruction chargé de l’affaire.

Peur sur la ville:post

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Pendant une semaine en mai 2006, la ville de São Paulo a manqué de se transformer en zone de non-droit, au mépris de l’État et de la nation. Présent aux quatre coins du globe, ce type de zones, à la fois sauvages et densément peuplées, font l’objet d’un déni collectif 
et, par conséquent, sont rarement étudiées. Loin de signifier un retour au Moyen Âge, elles témoignent d’une évolution vers une forme inédite – compagnes de la mondialisation et d’un nouvel ordre qui pourrait à l’avenir rendre obsolètes les frontières nationales. Ce phénomène est déjà visible dans les narco-États que sont la Colombie et le Mexique, le long des lignes de fracture territoriale en Afrique, dans certaines régions du Pakistan et de l’Afghanistan ainsi que dans une bonne partie de l’Irak. Mais il se développe aussi souterrainement dans des pays où l’État semble fort et où le gouvernement a la pleine confiance des citoyens. Le Brésil est l’un de ces pays, et São Paulo n’a rien d’une ville instable. En dépit de sa violence et de ses rues défoncées, il s’agit de la plus grande métropole d’Amérique du Sud. Avec ses vingt millions d’habitants, elle officie comme siège financier et capitale administrative de l’État le plus puissant du Brésil.

Au comptoir de “Matonville”:post

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Le chauffeur de taxi ne veut pas l’emmener. “Vous vous trompez, assure-t-il. Il n’y a rien à cet endroit !” L’adresse indiquée est pourtant la bonne. Elle conduit à Fleury-Mérogis, située au nord de l’Essonne, où une gigantesque prison est en train de sortir de terre. En cette année 1967, le chantier s’achève. À quelques centaines de mètres, un lotissement neuf s’apprête à accueillir les surveillants pénitentiaires et leur famille. L’anecdote du taxi récalcitrant est racontée par l’une des premières habitantes du quartier. Son adresse, nommée “les Résidences”, n’est encore qu’un champ de boue au pied des tours bâties en urgence pour établir les fonctionnaires. Certains d’entre eux, faute d’appartements viables, dorment dans la maison d’arrêt voisine. En attendant que les chemins soient goudronnés, le facteur vient muni de bottes.