obsessionnel

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Tyson en banlieue:post

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Il n’a plus ses dents en or ni les attributs détraqués de sa gloire d’antan : les fêtes sans fin, les voitures, les bijoux, le tigre de compagnie, les litres de champagne Cristal. Mike Tyson – qui selon son propre aveu était accroc “à tout” – vit maintenant dans un environnement tout autre, lumineux, qu’il s’est construit de ses propres mains. Loin des autres.

Splendeur de l’obsession:post

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Il semble plutôt que leur statut tragique de films “disparus” vient du fait qu’ils n’existent que sous une forme tronquée, expurgée, ayant été arrachés des mains de leurs réalisateurs visionnaires par des fonctionnaires de studio qui étaient trop lâches et obsédés par les profits financiers pour accorder à ces cinéastes une certaine marge auteuriste. Comme ils sont tous deux très antérieurs à l’époque de préservation des films considérés comme des œuvres d’art et un héritage précieux – Les Rapaces sont sortis en 1925, La Splendeur des Amberson en 1942 –, ils ont souffert l’indignité supplémentaire de ne pas pouvoir être restaurés ; à cette époque, les studios ne conservaient pas les séquences coupées, en pensant aux futurs director’s cuts des D.V.D., si bien que les copies nitrate tirées et retirées à partir des versions originales étaient – en fonction du film dont on parle, et du récit auquel on croit – brûlées, jetées à la poubelle, balancées dans le Pacifique, ou tout simplement abandonnées dans des caves où elles se décomposaient. Des deux sagas, La Splendeur des Amberson constitue le cas de figure le plus horriblement violent.

Confessions d’un gobeur d’ecstasy:post

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Au lecteur. Par la présente, je vous livre un compte rendu d’un certain genre d’une période remarquable de ma vie. D’après mon propre usage, je crois, tout autant que j’espère, qu’il pourrait s’avérer non seulement intéressant, mais aussi, dans une très large mesure, utile et instructif. C’est dans cet espoir que j’ai pris la peine de l’établir, même si je me sens par avance obligé de m’excuser de rompre l’honorable et délicate réserve qui m’a, jusqu’à une période récente – lorsque certains éditeurs ont pris conscience qu’il existait, pour la commercialisation de telles révélations, un lectorat apparemment sans limite, c’est-à-dire un lectorat prêt à être v(i)olé –, retenu d’exposer au public mes propres erreurs et infirmités.

Video games:post

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Il fut un temps où j’écrivais le matin, où j’allais courir en fin d’après-midi et où je passais la plupart de mes soirées à lire. Il fut un temps où je qualifiais d’improductifs ces jours où j’étais parvenu à ne rédiger qu’un millier de mots. Il fut un temps où je jouais aux jeux vidéo presque exclusivement avec des amis. Il fut un temps où il m’arrivait occasionnellement de jouer à en perdre la raison mais cela se produisait rarement plus d’une fois par mois. Il fut un temps où j’étais plus ou moins content.

Ce temps renvoie à des années relativement récentes (2001-2006), au cours desquelles j’ai écrit plusieurs livres et publié plus de cinquante articles de reportage ou de critique – un rendement total de, grosso modo, quatre mille cinq cents pages manuscrites. Je me suis rarement senti très discipliné pendant ces cinq années, même si cette confession, j’en suis conscient, permet toutes sortes d’attaques quant à mon éventuel manque de sincérité. Bien évidemment, j’étais discipliné. Ces derniers temps, au fil de l’année, j’ ai lu du début à la fin exactement deux ouvrages de fiction – à part ceux dont je rédigeais aussi la critique. Ces derniers temps, je joue aux jeux vidéo le matin, je joue aux jeux vidéo l’après-midi et je passe mes soirées à jouer aux jeux vidéo. Ces derniers temps, j’arrive encore à écrire mais les jours où je suis capable de le faire pendant plus de trois heures d’affilée sont aussi fréquents que les comètes dont la trajectoire approche la Terre.

La Folie merveilleuse:post

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Justo Gallego Martínez construit une cathédrale de gravats et de ferraille depuis cinquante ans. Quand il a commencé, le mur venait d’être érigé à Berlin et Youri Gagarine contemplait la Terre depuis l’espace. Gallego a aujourd’hui quatre-vingt-six ans mais il continue de se lever tous les matins à sept heures et d’enfiler son bleu de travail. Comme il a souvent froid, il s’enroule, même en été, une écharpe autour du cou et se met un bonnet rouge feu sur la tête. Gallego ressemble alors un peu à l’unique moine d’un ordre singulier.

À sa femme de ménage:post

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Rosalina. Chère.

Votre singulier problème de vue ne cesse de m’offenser. Ayez conscience qu’il y a une vérité et une beauté essentielles en toute chose. Depuis l’agonie d’une gazelle transpercée d’un coup de lance jusqu’au sourire ravagé d’un sans-abri au bord de l’autoroute. Mais cela ne signifie pas que ce qui est invisible n’existe pas. Bien que les bébés, crédules, croient bêtement que la personne en face d’eux disparaît lorsqu’elle couvre ses yeux dans
le jeu détestable qui consiste à faire coucou, c’est une méprise. Et donc, les poussières invisibles qui s’accumulent derrière les étagères de DVD dans la salle de jeux existent aussi. C’est inacceptable.
Je vais vous le dire, Rosalina, non par moquerie ou pour vous menacer mais comme une expression de la joie. La joie du vide, la joie de la réalité. Je veux que vous soyez au plus près du réel dans tout ce que vous faites. Si vous ne le pouvez pas, un semblant de réalité doit alors être maintenu.

L’évangile selon Jerry Lee:post

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Dans ses atours de joueur de seconde zone depuis le temps où le chrome est chrome, Jerry Lee Lewis est assis dans la loge du Palomino Club, tenant mollement le quart d’une bouteille de Seagram à moitié vide sur ses genoux, tel le sceptre terni d’une ancienne royauté déchue.

Il a l’air de mauvaise humeur. Mais pas autant que la nuit passée, quand il a réglé son compte à cet idiot dans le public d’un mot rapide et cinglant, quand il a viré de sa loge ce briscard arrogant d’une maison de disques, quand, au petit matin, il mettait toute personne présente au défi de lever la main sur lui. J’ai tenté d’engager la conversation cette nuit-là, mais il était de trop mauvaise humeur. “Quel temps fera-t-il demain en Chine ?” m’a-t-il demandé. Je lui ai répondu que je n’en savais rien, que ça m’était égal ; et il a émis un grognement de dégoût. “Où veux-tu être enterré ?” m’a-t-il demandé. “Dans l’océan”, ai-je rétorqué. C’était mieux. Il a approuvé d’un signe de tête indulgent. Ça s’est passé comme ça la nuit dernière. À la fin, il ne parlait de rien d’autre que de la Bible. À la toute fin, il ne parlait plus du tout.