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Il n’y a pas de hasard dans la vie, Conversation avec Mourad Boudjellal:post

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Nous sommes à deux mois de la Coupe du monde de rugby. Ça vous rend heureux,
le Mondial ?

En tant que président de club, non, parce que c’est très contraignant au niveau des joueurs. Je crois que j’ai dix-neuf joueurs à la Coupe du monde de rugby, ce qui signifie que les premiers matchs n’auront pas la même saveur… Même si les joueurs qui restent ne sont pas des trompettes, il va manquer le gros de l’équipe, forcément il y aura peut-être moins de monde au stade, et accessoirement… si j’ai dix-neuf joueurs qui partent, ne pas les payer, ça m’arrangerait aussi. Parce que non seulement j’ai à les payer, mais je dois payer des joueurs pour les remplacer. Ça fait beaucoup (rires). On m’annonce d’énormes bénéfices pour cette Coupe du monde : 60 à 70 millions d’euros. Quand on ne paye pas les gens, c’est facile de faire des bénéfices.

Le Midi Olympique:post

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Au cœur des Années folles, en cette période que l’on croirait n’avoir été qu’en noir et blanc, pour se distinguer de la pléthore de titres qui se disputaient la devanture des kiosques, les journaux appâtaient le chaland avec des chasubles colorées qui ressemblaient à du papier peint défraîchi. Le 2 septembre 1929, deux hebdomadaires sportifs de Toulouse, Midi Sportif et France Olympique fusionnent pour donner naissance à un nouveau journal. “Organe de défense du sport méridional”, tout de jaune vêtu, son champ d’action est large, ses rubriques variées : racines obligent, le rugby d’abord, mais aussi le football, le cyclisme, l’automobile. Cet éclectisme ne va pas durer.

O Broeder:post

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Mais bon Dieu votre pays n’a pas de force aérienne ?” lance Wynand Claassen, le capitaine des Springboks, à ses adversaires du jour, les All Blacks. Nous sommes le 12 septembre 1981, à l’Eden Park d’Auckland. Entre Springboks et All Blacks, l’affrontement est une question d’hégémonie sur le rugby mondial. Mais cet après-midi-là, la confrontation prend une tournure ubuesque entre les deux nations les plus fortes du circuit mondial. Au-dessus de la mêlée tourne dans le ciel un avion de tourisme frôlant par moments les poteaux de l’Eden Park afin de larguer des petites bombes de farine.

Gentleman Drop:post

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La tombe est éloignée de tout, située sur le flanc gauche du cimetière, au-delà des lignes arrière, à bonne distance de l’ouverture. Elle est sommaire et ordinaire, tout juste agrémentée de quelques fleurs de pierre ou de papier. Ci-gît la mère, Berthe Serbource (1854-1933) ; l’épouse, Marguerite Luc (1886-1963) et, fermant le ban, Pierre Mac Orlan lui-même (1882-1970), citoyen le plus remarquable de Saint-Cyr, écrivain notoire qui passa là les quarante dernières années de son existence. C’est dans l’Est parisien, à une heure et demie de Notre-Dame, que l’auteur du Quai des brumes et de Bandera cultiva l’essentiel de sa légende, celle d’un “aventurier passif” (Queneau), d’un “bourlingueur immobile” (Carco) revenu de toutes les misères du monde en compagnie d’une cohorte de trimardeurs sans-le-sou, de jeunes filles égarées et de spahis sortis du rang.

L’Éclat du néant:post

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L’histoire commence dans un désert, quelque part en Syrie, ce pays coincé entre la Turquie, le Liban, la Jordanie et l’Iraq, devenu une terre de désolation et de combats. Il faut imaginer de belles dunes, un campement de Bédouins avec ses tentes et ses chameaux, un ciel d’un bleu si aveuglant qu’il en paraît presque blanc. Tous plissent les yeux lorsqu’ils le contemplent.
La région est vaste. De jeunes garçons surveillent des chèvres et des moutons. Les chefs des tribus régissent la vie au sein du clan, grande famille où les liens du sang sont déterminants.

L’Ombre de Richie:post

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23 octobre 2011, Eden Park d’Auckland. Les All Blacks viennent de remporter enfin, à domicile, cette Coupe du monde de rugby que le peuple néo-zélandais attendait depuis près de trente ans. Image stupéfiante : Richie McCaw, leur capitaine, est interviewé à la sortie du terrain. Il boite bas, il est rincé, trop épuisé pour énoncer les formules prêtes à l’emploi dont il est coutumier. Au premier micro qui se tend, il soupire : “Il a fallu creuser plus profond que jamais…” Un confrère, chevrotant d’émotion, veut savoir comment il se sent. McCaw a le regard brumeux, on le croirait au bord des larmes. Sans réfléchir, il souffle : “Relieved.” Pas euphorique, non, ni même heureux – soulagé. L’aveu est douloureux : l’obligation de vaincre anesthésie jusqu’au plaisir. On pense au tennisman Roger Federer, sommé de s’expliquer après une défaite pourtant honorable en demi-finale de l’Open d’Australie, qui déclarait en 2008 : “J’ai créé un monstre…”

Le Petit Lettré, Conversation avec Agustín Pichot:post

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Avec ses cheveux qui lui tombent sur les épaules, le “Petit Général” des Pumas organise la victoire de l’Argentine sur la France, pour le premier match des Bleus lors de la Coupe du monde 2007 (12-17). Chandelles, relances, excellente lecture de la défense française, il distribue les munitions à Felipe Contepomi, Juan Martín Hernández, Ignacio Corleto et place son équipe sur orbite pour un tournoi exceptionnel. Battue en demi-finale par les Sud-Africains, l’équipe d’Agustín Pichot retrouve la France pour le match de la 3e place. Face à l’intelligence du demi de mêlée et l’abnégation des Pumas, les hommes de Raphaël Ibañez encaissent 34 points et finissent 4es du tournoi (34-10). Un pied dans le rugby, un autre dans les affaires, l’ancien joueur du Stade français continue d’aborder l’existence avec énergie et humilité, une philosophie de jeu et de vie nourrie sur le terrain et dans les livres.

Le Jardin d’Eden:post

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Enfin nous y étions. Nous étions à Auckland, en cette fin de mois de mai 1987. Une poignée de journalistes, quelques photographes, une tribu comme un cirque, qui s’était croisés tout l’hiver dans le tournoi des Cinq-Nations. La Coupe du monde allait commencer en Nouvelle-Zélande. Comment aurions-nous pu nous diriger ailleurs que vers les îles aux longs nuages blancs, patrie du jeu et des hommes en noir ? De toutes les légendes, aucune n’égalait celle de ces All Blacks, les plus admirables, les plus courageux, les plus durs et les plus beaux joueurs de cette planète. On y était. Mais ce ne fut pas sans peine. Ce jour-là, on ne sait à quoi pouvait penser Albert Ferrasse, alors âgé de soixante-dix ans.

Le XV de Galles en 15 dates:post

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Si le rugby fait beaucoup pour la notoriété du pays de Galles, l’envoûtant Cymru n’a pas attendu le ballon ovale pour qu’on parle de lui. Le mont Snowdon, le poireau et les moutons ne datent pas d’hier. Le charbon non plus, il gît dans les veines de son sol, même si ces veines s’épuisent, si les puits ferment, et si le charbon se raréfie comme autrefois les moutons. Le poireau est déjà dans Shakespeare (Henry V) mais on lui substitue parfois la jonquille, d’autant plus volontiers que les deux mots sont identiques en gallois. Mais il paraît que ce poireau serait plutôt des plumes d’autruche et qu’elles viendraient de la bataille de Crécy (1346, si vous l’aviez oublié). Quant au mont Snowdon, il culmine à guère plus de 1 000 mètres qui suffisent pourtant à fixer la neige malgré la douceur océane, et c’est sur ses pentes que sir Edmund Hillary et ses compagnons de cordée ont parachevé leur entraînement avant de partir à la conquête de l’Everest.

Georges the Ref:post

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Kirkpatrick to Williams…” Sur son aile, le All Black Bryan Williams envoie un long coup de pied de recentrage qui atterrit dans les vingt-deux mètres barbarians. Cliff Morgan est au micro de la BBC : “Phil Bennett covering.” Bennett, l’ouvreur gallois, accourt vers la balle. Il ne peut se retourner tant la menace de l’adversaire souffle déjà dans le creux de sa nuque. Bennett court quelques mètres vers son en-but pour échapper aux bras adverses, puis redresse sa course là où cinq All Blacks pressants l’attendent. Dans la gueule du loup. Il dégaine alors un soudain crochet intérieur. Peter Whiting, le massif deuxième ligne, prêt à le découper, reste planté, les crampons encore scellés dans le sol de l’Arms Park. Le public de Cardiff applaudit le geste quand Bennett exécute la même feinte et trompe trois autres adversaires.

Bras de Frères:post

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Qu’est-ce qu’il reste après le fracas d’une débâcle ? Un vaste parking aux places en épis évidés de leur substance : les voitures des quelque deux cent cinquante salariés qui se pressaient ici chaque matin. Aujourd’hui, seule une vingtaine de véhicules s’agglomèrent en grappe, près de l’entrée de l’usine. Voici les dommages d’après scandale, celui de la viande de cheval. À quelques hectomètres de là, l’abattoir de Castelnaudary n’est plus qu’un bâtiment silencieux.

L’entreprise tente de survivre après avoir perdu plus de cent cinquante employés dans cette sale histoire aux méandres inextricables : un pays – la Roumanie – qui souhaite mécaniser son agriculture et envoie à l’abattoir des centaines de chevaux de traie. Des intermédiaires qui sous-traitent à d’autres intermédiaires dans l’achat en gros de viande. Un prix que l’on abaisse d’un euro le kilo d’un coup d’un seul. La tentation de ne rien dire sur la nature du produit.