Jeux Olympiques

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Il n’y a que les montagnes qui ne se rencontrent pas:post

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“C’est tout de même une honte qu’une vingtaine de jeunes du centre de la Serbie soient les seuls à célébrer cet événement qui a marqué nos vies à tous, non ?” interroge le jeune homme attablé à une terrasse de Belgrade aux pavés bosselés.

Sous le parasol à rayures et le cagnard printanier, Veljko raconte sa virée hivernale de l’année 2009. Avec son groupe d’amis, ils sont allés skier dans les montagnes de Bosnie-Herzégovine et, pour commémorer les vingt-cinq ans des Jeux d’hiver de 1984, ils ont arboré pendant une semaine, dans les bars, dans les restaurants et sur les pistes, un T-shirt imprimé en l’honneur de cet anniversaire.

Kitei Son:post

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C’est l’image forte des Jeux de 1936. Et pourtant, elle est absente de notre Panthéon sportif. À Berlin, on s’est focalisé sur Hitler, Jesse Owens, les Juden Verboten et autres inscriptions antisémites remisées à la va-vite pour ne pas effrayer les visiteurs étrangers, c’est important ce nettoyage de la capitale pour les Jeux. Une vision occidentale. On en a oublié Kitei Son, les yeux baissés, sur la plus haute marche du podium du marathon. Il vient de tout gagner. Mais on dirait qu’il a tout perdu. Étrange attitude. Plus étrange encore, son double nom. Très longtemps, le CIO a laissé sur ses tablettes ce Kitei Son aux consonances japonaises. Mais dans les années 1980, le comité Olympique de Séoul a commencé à bombarder Lausanne de courriers pour que l’on rétablisse son véritable patronyme, coréen : Sohn Kee-Chung. En vain, jusqu’en 2011. Mais l’intéressé était mort depuis 2002, à près de quatre-vingt-dix ans. Et sur le palmarès des JO, le pays vainqueur reste encore le Japon, qui avait annexé la Corée en 1910, créant ce monstre répondant au doux nom de fusion nippo-coréenne.

Luz Long & Jesse Owens, les amis de 36:post

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C’est à craindre : l’Histoire a tendance à bégayer ses tragédies. Le goût de la répétition.
Au moment exact où j’aperçois dans le rétroviseur la rencontre sportive la plus folle de l’histoire des Jeux olympiques, on dirait en effet que tout recommence. En Hongrie, les trompettes de la Renommée soufflent de nouveau pour les écrivains fascistes. On les célèbre ; on les regrette : effrayante répétition. Comme si les lettres bouleversantes adressées par le sauteur en longueur allemand, Luz Long, à son pote Jesse Owens, n’avaient servi à rien. Étrange nettoyage de l’Histoire. Des types, dans des tribunes officielles imaginaires, continuent sans doute de lever le bras devant plus de cent mille spectateurs. On achète de nouveau Mein Kampf dans quelques librairies belges. Soixante-dix ans… On dirait qu’à distance, le bras de fer se poursuit pour les deux gars du bac à sable : Jesse, le Noir, et Luz, le Blanc. Jesse Owens, qui n’avait besoin que d’une vague couverture pour se réchauffer entre deux courses.