Feuilleton Nº

19

George Plimpton : journaliste

illustrateur
Ugo Bienvenu & Kevin Manach

Aristocrate espiègle, George Plimpton n’est pas seulement le cofondateur de la fameuse Paris Review, mais aussi un journaliste anticonformiste qui, armé d’autant de courage que d’autodérision, se fit connaître par sa capacité à affronter les plus grands sportifs de son époque. Autant d’expériences qu’il a couchées sur le papier. Les livres et les articles parus lui ont permis de s’attirer l’admiration de beaucoup, dont celle d’Ernest Hemingway. Nathaniel Rich lui rend ici un vibrant hommage.

Extrait

Avec six ouvrages et plusieurs dizaines d’articles pour Sports Illustrated à son actif, George Plimpton n’arrivait toujours pas à taper les mots “journalisme participatif ” sans ciller. Le “journalisme participatif ” – une bien vilaine expression, écrit-il dans les premières pages de Shadow Box (1977) en soupirant sur sa machine à écrire. Bien que l’Amérique se souvienne aujourd’hui de lui comme du parangon de ce genre littéraire et que la formule l’ait poursuivi jusque dans ses nécrologies, on ne peut qualifier Plimpton de journaliste que si on considère James Thurber comme un illustrateur ou Robert Benchley comme un simple chroniqueur de magazine. Il se déplaçait, parlait à des gens et couchait ses observations sur le papier mais il ne s’inscrivait pas dans une démarche informative. Qu’est-ce qui l’intéressait ? L’histoire à raconter, l’humanité, la comédie.

“Get Your George Plimpton Trading Cards” a été traduit de l’anglais (États-Unis) par Camille de Chevigny. Le texte a paru pour la première fois dans la Paris Review en mai 2015.
© 2015, Nathaniel Rich.